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Saros : Est-il à la hauteur de Returnal ? Test Complet

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Pierre Vieira-Pinheira

Gamer passionné de cinéma, séries et pop culture ! Je relaie toute l'actualité sur X et rédige pour Araknide !
Dans ce test de Saros, nous revenons sur les ambitions du nouveau projet de Housemarque, entre approche plus narrative, level design simplifié et mise en scène particulièrement soignée.

Sorti le 30 avril 2026 en exclusivité sur PS5, Saros est une sorte de suite spirituelle de Returnal, avec une formule légèrement remaniée et plus accessible. Développé par le studio finlandais Housemarque, celui-ci a démontré qu’il excellait en début de génération. Nous allons voir ensemble si les équipes d’Helsinki, désormais plus aguerries et ambitieuses, ont réussi à surpasser leur précédente création.

 

Ce test a été réalisé sur PlayStation 5 à partir d’une clé fournie par l’éditeur. Cela n’influence en rien notre opinion sur le jeu.

 

Roguelike ? Roguelite ?

Tout d’abord, Saros est un jeu d’action en TPS (shooter à la troisième personne) qui emprunte des éléments au roguelite. Ce genre repose sur une progression où la mort fait partie intégrante de l’expérience. Chaque run permet de récupérer des ressources servant à débloquer des améliorations permanentes, offrant ainsi une évolution cyclique. Vous conservez donc une partie de votre progression entre vos essais, qu’il s’agisse de compétences, de statistiques ou d’équipements. Cette boucle de gameplay rend l’expérience à la fois plus accessible et particulièrement gratifiante sur le long terme. Vous revenez plus fort que votre précédente tentative.

Returnal a marqué les esprits en adaptant la formule roguelike à un TPS, un autre genre bien plus exigeant par nature. Le jeu s’est fait remarquer par sa difficulté élevée et son aspect très punitif : en cas de mort, vous perdiez l’intégralité de votre progression. À l’exception de quelques améliorations permanentes, vous voyez disparaître les armes, objets temporaires, parasites, bonus, obolites et la progression du run en cours. Cette approche renforçait la tension permanente, mais pouvait aussi être frustrante, car chaque essai  dépendait fortement de l’aléatoire et des ressources trouvées en chemin.

CE TEST NE CONTIENT PAS DE SPOILER

Bienvenue sur Carcosa !

Saros vous plonge dans un univers énigmatique et oppressant. Vous incarnez Arjun Devraj, un agent Soltari envoyé sur la mystérieuse planète Carcosa. Sans entrer dans les détails de l’intrigue, le jeu construit son récit autour de thèmes liés à la solitude, au destin, aux cycles et à la survie. La narration reste volontairement mystérieuse et se dévoile progressivement à travers l’exploration. Cette dernière se voit enrichie par les dialogues, les événements rencontrés durant vos parties, ainsi que les nombreux éléments disséminés dans le monde.

Les visuels de Saros portent sa direction artistique et révèlent toute la richesse du level design d’un biome.

Sur le plan narratif, l’histoire demeure fragmentée et symbolique, portée par des personnages énigmatiques et une mise en scène très suggestive. Le récit s’articule notamment autour de la quête du protagoniste, dont l’objectif reste volontairement obscur et se dévoile par fragments. Une manière de renforcer le sentiment de mystère et d’instabilité de l’univers.  Ces séquences, combinées aux éléments éparpillés dans l’environnement, encouragent à interpréter les événements et à reconstituer progressivement la compréhension de cet univers trouble et fascinant. Saros propose également un rythme particulier, oscillant entre tension permanente et phases plus contemplatives. Le jeu enchaîne ainsi des séquences de combat intenses et des moments d’exploration plus calmes, créant une progression nerveuse mais toujours lisible.

Les visions liées à l’Arbre-Soleil apportent une dimension presque onirique à l’aventure, en suggérant davantage qu’en expliquant.

Le jeu se structure autour de différents biomes, chacun proposant des environnements, des ennemis et des situations de combat distincts. Chaque zone se conclut par un combat de boss, venant marquer un véritable pic de difficulté.

Un Gameplay nerveux, une progression jouissive

Housemarque conserve l’ADN « bullet hell » avec des affrontements où l’écran se remplit de projectiles, d’ennemis et d’obstacles. Cet ensemble vous oblige à enchaîner dashs, déplacements latéraux et gestion du timing avec précision. Le jeu pousse régulièrement à alterner agressivité et prudence. Par ailleurs les environnements et rencontres changent à chaque run grâce à un assemblage dynamique de zones. Les biomes ne reposent donc pas sur du hasard total, mais sur une structure contrôlée qui renouvelle l’exploration tout en conservant un rythme et un équilibrage cohérent.

Le bouclier est capable non seulement d’absorber certains tirs ennemis, mais aussi de transformer cette défense en opportunité offensive.

Le gameplay de tir repose sur plusieurs niveaux de pression avec les gâchettes adaptatives. Le tir principal s’effectue avec R2, tandis qu’un appui partiel sur L2 active le mode le tir alternatif propre à chaque arme. Enfin, lorsque L2 est complètement enfoncé puis combiné avec R2, cela déclenche l’arme spéciale, une attaque ultime extrêmement puissante. Cette utilisation des gâchettes crée une sensation très immersive, car chaque niveau de pression modifie instantanément le comportement de l’arme.

Le gameplay est rythmé par deux aspects principaux. Tout d’abord par le niveau de maîtrise qui augmente grâce à la lucénite collectée. Il détermine la puissance de base des armes et des armes spéciales. Plus il est élevé, plus l’équipement trouvé et obtenu est performant dès le départ. Le niveau d’adrénaline quant à lui récompense un jeu agressif. Il progresse par paliers et offre des bonus cumulatifs à chaque niveau atteint. Subir un seul dégât remet immédiatement la jauge à zéro.

Les armes suivent votre niveau de maîtrise et demanderont d’adapter le style de jeu

De vrais défis vous attendent

Certaines phases particulièrement tendues, appelées « Cages Solaires », apparaissent à différents moments et viennent bouleverser le rythme de l’exploration. Ces zones prennent la forme d’arènes fermées dans lesquelles vous êtes piégé et vous devez éliminer tous les ennemis pour pouvoir en sortir. La pression devient beaucoup plus intense, car les affrontements se concentrent dans des espaces réduits où chaque déplacement, esquive ou parade doit être parfaitement maîtrisé. Par ailleurs, vous y trouverez la présence d’Ennemis Alphas, des variantes bien plus agressives et dangereuses que les adversaires classiques.

Plus rapides, plus résistants et dotés d’attaques spécifiques, les Ennemis Alphas transforment chaque rencontre en véritable test de maîtrise.

Un sentiment de montée en puissance

Chaque mort permet de récupérer des ressources permanentes, notamment via la Lucenite et le Halycon, utilisables dans la Matrice d’Armure. Ce sanctuaire sert à la fois de point de repos narratif et de centre d’amélioration. L’arbre de compétences permet d’augmenter durablement les statistiques, capacités et modules d’armure du personnage, mais surtout de débloquer une seconde chance. Les caractéristiques liées à la Ténacité, le Contrôle ou la Détermination sont importantes pour progresser. La Ténacité augmente la santé maximale et la résistance globale aux dégâts. Le Contrôle renforce le bouclier : il améliore la taille de ta barre d’énergie, sa régénération et sa durée d’activation. Enfin, la Détermination accélère la montée en puissance en réduisant la quantité de lucénite nécessaire pour améliorer les armes et débloquer leurs traits les plus puissants.

L’arbre de compétences ouvre la voie aux multiples façons de faire évoluer votre style de jeu !

Explorer, RE-Explorer, encore et encore

En parlant d’exploration, le titre est conçu pour encourager la curiosité et la prise de risque. Vous n’êtes pas simplement guidé d’un point A à un point B, mais invité à parcourir des environnements interconnectés où chaque détour peut révéler aussi bien de nouveaux dangers que des opportunités. Cette liberté renforce l’impression d’un monde vivant et changeant, où l’exploration devient une composante essentielle du gameplay au même titre que le combat.

Au fil de votre progression, vous débloquerez de nouvelles compétences et améliorations qui ouvrent progressivement l’accès à des zones auparavant inaccessibles. Certaines capacités permettent par exemple de franchir des obstacles environnementaux, d’interagir avec des éléments spécifiques des biomes ou encore de survivre plus facilement à des zones plus hostiles. Cette structure appelle naturellement à un retour dans les anciens biomes, transformant chaque zone déjà visitée en un terrain d’exploration renouvelé, avec de nouveaux défis et secrets à découvrir.

L’exploration ne se fera jamais dans le calme, vous trouverez toujours un obstacle sur votre route !

Cette rejouabilité est également renforcée par la présence de collectibles qui approfondissent la compréhension de l’univers et de son histoire. En plus des enregistrements audio, on retrouve des fragments de données, des journaux environnementaux ou encore des archives holographiques, qui permettent de reconstituer progressivement le récit et les mystères du monde. Ces éléments narratifs incitent à observer attentivement l’environnement et à s’investir davantage dans la découverte globale du jeu, rendant chaque run plus riche et significatif.

Les souverains au cœur de l’expérience

Les Souverains représentent les principaux boss et occupent des zones clés de la carte, souvent situées en fin de biome servant de test à vos aptitudes. Chaque rencontre semble pensée comme un véritable pic de difficulté, demandant de maîtriser parfaitement les esquives, les parades ainsi que l’utilisation des tirs alternatifs et des armes ultimes. Leur puissance et leurs patterns évolutifs transforment chaque affrontement en épreuve d’endurance et d’apprentissage. L’expérience met également l’accent sur une forte rejouabilité de ses combats. Il sera possible de réaffronter les Souverains afin d’expérimenter de nouvelles améliorations. Cela permettra de perfectionner progressivement sa maîtrise du gameplay. Ces affrontements pourront aussi être redécouverts sous un angle différent, pour une expérience renouvelée.

Leurs attaques sont de véritables moments de contemplation. Attention à ne pas finir déconcentré !

Et si Saros était le Returnal que certains attendaient ?

Pour beaucoup cette nouvelle IP pourrait représenter une forme de « Returnal idéal » grâce à une approche plus accessible et plus souple. Si ce dernier pouvait parfois décourager par son exigence et la brutalité de ses cycles, Saros offre un meilleur équilibre entre défi et confort de jeu. La possibilité de conserver davantage d’éléments de progression  rend l’expérience moins frustrante sans pour autant sacrifier l’intensité des combats. Cette nouvelle approche permet à un public plus large de profiter pleinement de la richesse du gameplay et d’une dimension roguelite.

L’accessibilité est symbolisée par les modificateurs Carcosiens. Vous pouvez ainsi alléger la difficulté tout comme la rendre impardonnable. Certains perks favorisent la mobilité, d’autres renforcent la résistance ou augmentent les dégâts critiques. À l’inverse, les malus sont liés à la réduction temporaire de défense, altérations des soins, ennemis plus rapides ou projectiles plus agressifs. Cette approche rend le jeu potentiellement plus flexible, joueurs occasionnels ou hardcore, tout le monde y trouve son compte.

Il est important de noter que les bénéfices devront généralement être compensés par des malus. En revanche, ce compromis ne s’appliquera pas si le curseur est orienté vers un niveau de difficulté plus exigeant.

L’accessibilité passe par l’équilibre Carcosa, mettre trop de bénéfices impliquera de compenser par des aspects exigeants.

Une autre différence majeure se situe dans la  colorimétrie qui marque une véritable évolution esthétique. Là où Returnal privilégiait souvent des environnements sombres et froids, cette nouvelle direction artistique introduit des contrastes plus marqués et des palettes de couleurs différentes.

Les design largement influencé par le mariage entre mécanique et formes organiques cher à Hans Ruedi Giger.

Manette en mains et optimisation

L’optimisation et la prise en main semblent également constituer des points essentiels. Le jeu est pensé pour offrir une expérience plus fluide et immédiate, souligné par une meilleure compréhension des mécaniques dès les premiers instants. Cette sensation de confort passe aussi par l’utilisation de la manette, qui paraît exploitée de manière naturelle et immersive. Les gâchettes adaptatives et les retours haptiques renforcent l’impact des tirs, des parades ou des capacités spéciales, tout en rendant chaque action plus physique et instinctive. Cette maîtrise technique contribue à rendre le gameplay plus accessible sans l’appauvrir, en permettant au joueur de se concentrer davantage sur l’action et l’expérimentation plutôt que sur la difficulté d’adaptation aux commandes. Attention aux doigts sur les longues sessions.

Sans être très exigeant, Saros vous demandera d’alterner intelligemment tir principal, secondaire et spécial.

Les défauts n’en sont pas moins éclipsés

La génération procédurale semble présente mais dans une forme plus encadrée et moins ambitieuse. Là où Returnal reposait fortement sur des salles et des enchaînements renouvelés à chaque partie, Saros paraît privilégier une structure plus maîtrisée, avec des environnements probablement semi-procéduraux servant surtout à varier le rythme et l’exploration sans bouleverser totalement l’expérience. Le level design est également plus classique, avec des zones larges, lisibles et davantage orientées vers la narration et la mise en scène que vers une architecture complexe ou labyrinthique.

Hors cinématiques, les animations faciales sont très … robotiques

Conclusion :

LES + LES –
  • Gameplay fluide
  • L’histoire
  • L’univers
  • Direction artistique
  • Sentiment de progression
  • Terriblement addictif
  • Optimisation solide en toutes circonstances
  • Jeu accessible à tous
  • Le Bouclier
  • Level Design
  • Génération procédurale moins présente
  • Animations faciales PNJ

Saros est une véritable confirmation du studio,  il rend accessible une expérience déjà excellente et exigeante. Porté par un gameplay addictif et plaisant, il est difficile de ne pas retourner sur le jeu ! D’autre part, l’histoire cryptique et la direction artistique unique en font un jeu fort. Par ailleurs, les défauts mentionnés n’affaiblissent en rien l’ensemble de l’œuvre. En seulement deux jeux, Housemarque remporte pour le moment le bal des exclusivités PlayStation de cette génération. En tenant compte de tous les éléments évoqués nous attribuons un solide 18/20

Mai n’est pas terminé, c’est l’occasion de faire un point sur les jeux du mois !

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